Gentinnes 2009
Défunts
P. Michel Claeys
P. Félix Dechambre
Adresse générale du site => http://gentin09.ifrance.com/ (année 2009)
28 mars - 1 avril (Michel Claeys)
Nous avons appris le décès de notre confrère Michel Claeys
(à l'hôpital d'Ottignies où il fut soigné ses derniers
jours) à 20 h du soir le 28 mars 2009.

Né à Fosses, 8 août 1928 .
Ordonné prêtre le 15 septembre 1954 .
Décès à Ottignies (hôpital) le 28 mars 2009.
Inhumation à Gentinnes le 1 avril 2009.
De longues années durant Michel passa sa vie à former des jeunes au collège de
Gentinnes.
Ensuite il servit au Cameroun et dans la paroisse de Saint Servais à Namur.
C'est à Namur,
dans la communauté spiritaine alors existante encore, que Félix Dechambre
et Michel
ont vécu ensemble.
Les 5 dernières années, Michel les vécu à la communauté spiritaine de Gentinnes.
Sa santé s'y
dégrada
et depuis le mi février 2009 elle déclina rapidement.
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Veillée de prière : mardi 31 mars à 20 h dans la communauté à Gentinnes.

Veillée 31 mars.
Liturgie d'adieu : mercredi, 1 avril, à 11 heures dans la chapelle spiritaine à
Gentinnes
suivie de l'inhumation au cimetière du village. Voici quelques photos de la
liturgie d'adieu.




Il est ordonné prêtre en 1954 et, dès 1956, revient à Gentinnes comme professeur et surveillant. Les potaches de l’époque étaient fort impressionnés par cet homme rigoureux et un peu distant : il voyait tout, n’élevait jamais la voix et savait se faire comprendre sans beaucoup parler. Nous nous souvenons tous aussi de ses grandes compétences en géographie. Il avait fait installé une immense mappemonde dans la salle de géographie, mais il parlait surtout des hommes et des situations humaines. La géographie de Michel a une âme, et même un cœur : elle était proche de son idéal missionnaire. … Jusqu’à la fin de sa vie, Michel gardera un esprit très éveillé et curieux. Il fait le tour du monde en feuilletant un atlas.
Michel sera aussi à Gentinnes l’homme de l’administration rigoureuse et celui qui constitua le volumineux dossier qui devait amener à l’agréation des diplômes délivrés par le collège spiritain. L’armoire des archives du collège est bourrée de dossiers minutieusement remplis par Michel.
Il
prend une année sabbatique en 1965, pour des études pastorales et catéchétiques
à Strasbourg. Il en gardera le goût des liturgies bien organisées et surtout des
homélies bien construites. Plus tard, et durant 20 ans, il effectuera un énorme
travail de compilation d’homélies diverses, en fichiers informatiques
volumineux : les 3 années liturgiques, les fêtes principales, les fêtes des
saints…
Michel revient à Gentinnes comme supérieur en 1966. Et il aura à gérer les dernières années et la fermeture du collège. Un travail énorme et parfois douloureux, mais c’est une page à tourner, et il prend ses responsabilités, même si cela laissera des blessures.- En 1968 et 1969, il participe au chapitre général de la Congrégation. Il y rencontre le Père Pouget qui l’invite à visiter les missions du Cameroun. Ce voyage aura été décisif pour Michel qui commence à envisager la possibilité d’un service sous d’autres cieux.
En 1969, il devient supérieur de la maison de Namur, une communauté créée en 1968 pour accueillir des jeunes francophones en formation. C’est une époque difficile. Les années soixante-huit, la contestation, les questions. Plusieurs jeunes, candidats à la vie spiritaine, changeront de projet.
En 1971, à 43 ans, Michel découvre enfin
l’Afrique, le Cameroun (
cliquez ici pour un diaporama
automatique ou manuel ).
Il s’y donne corps et âme et est atteint par le virus
africain. Il devra revenir en Europe en 1973, pour raison de santé. Il repartira
l’année suivante, pour 3 ans, puis devra revenir encore… Les ennuis de santé se
succèdent. A partir de 1980, il réside à Namur, où il est vicaire à Ste Croix,
avec l’abbé Meunier puis Jean Dupuis comme doyens. Mais il retourne
régulièrement au Cameroun où, avec la Sœur Marguerite, il lance et structure le CRAT (Centre Rural d’Appui Technique). Il garde les contacts avec les organismes
qui financent les projets et assure les rapports, en séjournant au Cameroun au
moins un mois chaque année.
Il s’est quelque peu identifié avec la maison de Namur où il a réalisé beaucoup d’aménagements. On comprend la peine qu’il aura à quitter cette ville, en 2004, quand on ferme la maison. A cela s’ajoutent de nouveaux soucis de santé. C’est alors qu’il revient à Gentinnes, à la veille de fêter ses 50 ans de sacerdoce. Ici, en communauté ; il fait peu de bruit, et travaille à ses archives digitales : textes d’homélies, organisation de collections, photocopies… Il sort peu, à cause d’une marche devenue difficile, mais il arpente le couloir de la communauté des dizaines de fois par jour. De loin, il soutient encore le Cameroun et différents projets missionnaires.
De nombreux anciens gardent un souvenir ému
de ce professeur compétent et de ce directeur rigoureux. Ses confrères
retiendront de lui le courage et le professionnalisme qui cherche des résultats
et ne se gave pas de mots.
Ce dimanche (29 mars 2009), le Pape parlait
justement du Cameroun où il a voyagé. Il a été étonné par cette Eglise et
constaté :
Là où les missionnaires, comme Jésus, ont donné et
continuent de donner leur vie pour l'Evangile, on recueille des fruits
abondants. Je désire leur adresser une pensée spéciale de reconnaissance pour le
bien qu'ils font. Il s'agit de religieuses, de religieux, de laïcs, hommes et
femmes. C'était beau pour moi de voir leur amour pour le Christ et de constater
la profonde reconnaissance des chrétiens à leur égard.
On peut dédier ces remerciements au P. Michel.
Vous aurez un petit diaporama de quelques photos utilisées concernant Michel en cliquant ici (en automatique, manuellement, ou chaque photo à part...).
25 mars (décès) - 28 mars (inhumation)
(Félix Dechambre)
Notre doyen d'âge, le Père Félix Dechambre, si longtemps
missionnaire en Angola qu'il considérait ce pays comme "le sien" est
décédé aujourd'hui le 25 mars à l'hôpital d'Ottignies (soins palliatifs).
Né à Wardin, 24 - 01 - 1912
Ordination (prêtre): 7 - 7 - 1935
Décès: 25 - 3 - 2009
La messe d'adieu a eu lieu dans sa communauté de Gentinnes ce
samedi 28 mars à 15 h en présence d'une foule nombreuse, suivi de l'inhumation
au cimetière du village. Un confrère a pris des photos. Vous en verrez dans ce site à l'occasion
(un diaporama via un lien à cliquer).


Gentinnes 7 juillet 2005
Cliquez ici si vous voulez une série de photos prises
à Gentinnes en 2005 lors de
ses 70 ans d'ordination. Vous y verrez des photos de Félix et de beaucoup
d'autres personnes (libre d'utilisation en entier ou en
partie à condition d'en mentionner l'origine; possibilité d'imprimer incorporée.).

Félix est né à Wardin, au début du siècle dernier. Il aimait rappeler ses origines modestes et gardait précieusement cet héritage ardennais.Il rappelait volontiers des expressions wallones originales ou savoureuses, et racontait des souvenirs d’enfance. La vie était rude dans le pays de Bastogne, on vivait de peu dans les petites fermes. Le Père Sébire, le recruteur de Gentinnes, passe à Wardin en 1923 et allume en Félix un grand désir : devenir prêtre et missionnaire. C’est ainsi qu’il quitte, à onze ans, son pays natal et les villages où il a grandi : Wardin, Harzy, Buret…
Félix nous a souvent dit qu’il n’était pas très intelligent. Pourtant, il fait sans aucun accroc le parcours des études secondaires, du noviciat (à Orly), puis de la philosophie et de la théologie. Il est ordonné prêtre en 1935, à 23 ans. Il sera prêtre sans frontières, prêtre pour le monde, prêtre pour la mission.
A la fin de la théologie, il part pour l’Angola, en 1936, en passant par le Portugal : il y découvre les beautés de ce pays cher à son coeur : la langue, la chaleur humaine, le bon vin.
La veille de sa mort, il me racontait encore ses longues tournées en brousse, à travers 85 villages autour de Malange. Les tournées de brousse duraient plusieurs mois car il s’arrêtait longuement dans chaque village, comme un pasteur et un père. Chaque village avait sa chapelle. Il gardera un souvenir inoubliable de ces années d’itinérance missionnaire. Que du bonheur.
En 1975, c’est le drame : le désordre et l’insécurité s’installent dans le pays et comme beaucoup d’autres, il est contraint de rentrer en Belgique, en même temps que son vieil ami Gilles Marchal. Félix revient à contrecœur, meurtri. Mais il obéit. « Je me suis soumis »
A 63 ans, il commence une nouvelle vie. A Namur, il retrouve les pauvres, les petits et les malades dans les hôpitaux et les maisons de repos où il assure une présence de qualité. Il a gardé des allures de broussard au cœur de la capitale de Wallonie. Sa barbe fleurie et sa démarche caractéristique en font une figure typique et originale, bien connue dans tout Namur.. Des gens le confondent parfois avec l’Abbé Pierre : Félix prend toujours la méprise pour un compliment. En fait, la ressemblance n’est pas que physique. Comme l’abbé Pierre, Félix est très sensible à toute forme de pauvreté. En communauté, il aime redire : « ne te soustrais pas à ton frère ». Félix garde ses habitudes de sobriété, il a toujours un casse-croûte frugal dans sa mallette. Il est affecté à l’aumônerie à St Luc où il fait équipe avec l’abbé Baudouin. Le contact avec les malades est facile ; partout on reconnaît en lui un homme de Dieu. En week end, il assure un service régulier à Flawinne, où il se fait aussi pas mal d’amis.
En 1992, il a 80 ans, des ennuis de santé le forcent à l’arrêt. Ses premiers ennuis de santé. C’est un nouveau seuil, une nouvelle pauvreté. Il fait preuve d’une volonté de vivre et d’une énergie étonnante pour surmonter une maladie grave et retrouver une totale autonomie. Mais les années qui passent laissent quand même des traces et commencent à peser. En 2000, il décide de venir à Gentinnes, pour y finir sa vie. Il y connaîtra encore de belles années. Le village se souvient de ce paroissien qui avait sa place sous la chaire de vérité. On se rappelle ses promenades au cimetière, où il allait voir les vieux copains et vérifier s’il restait de la place. Le handicap de la vue et des oreilles ne l’empêchent pas d’entretenir des contacts. Une fois qu’il a identifié quelqu’un, il pose les bonnes questions, et se livre à la confidence. Il a une mémoire prodigieuse, et il l’entretient. Son occupation principale, c’est la prière. Impossible de faire le compte des heures qu’il passera à la chapelle, proche de sa chambre. Les rosaires défilent entre ses doigts. C’est aussi un confrère très attentif pour les malades. Dans un passé tout récent, il donnait beaucoup de son temps pour tenir compagnie au Père René Leuck.
Ce qui frappe tous les confrères, c’est la façon dont Félix se désencombre. Il n’a plus dans sa chambre que l’indispensable. Les passages des infirmières de la Croix Jaune et Blanche sont chaque jour des moments de joie et de lumière. Il n’oublie jamais de la remercier chaleureusement. Et elles le méritent bien. Cécile est sa confidente.
L’hiver qui n’en finit pas a été difficile. Félix perdait de sa mobilité, mais ne se plaignait pas. Début mars, il a fallu l’hospitaliser et, très vite, on ne nous a pas laissé beaucoup d’espoir. Félix a voulu faire une confession générale et recevoir l’onction des malades. Je lui ai fait l’onction sur le front et les mains, en implorant le pardon des péchés : il a prononcé avec moi cette formule qu’il a prononcée sur tant de malades quand il était à St Luc.- Et quand tout a été fini, il m’a dit : quand j’ai reçu l’onction des malades en 1992, j’ai été guéri avec une seule onction. Maintenant, avec les 3 onctions reçues, je suis dans la main de Dieu.
Il passera les 3 derniers jours en soins palliatifs. Trois jours, c’est assez pour se faire des amis dans ce département. Après son décès, un des infirmière me raconte qu’il a été lucide et serein jusqu’au bout. Ce qu’elle retient de lui, c’est la façon dont il disait toujours merci, et sa manière de mêler Dieu aux petites choses. Cela résume la vie de Félix.
Maintenant Félix a réalisé son passage, il arrive dans la lumière. Nous gardons tant de bons souvenirs de lui, et surtout un merveilleux modèle.